EDLC est d’abord et avant tout un programme dans lequel les jeunes font des apprentissages par le biais d’un entraînement de marathon. La très grande majorité du temps est bien sûr consacrée aux séances d’intervalles la semaine et aux longues sorties dominicales. Mais nous essayons aussi de susciter leur réflexion et de stimuler leur motivation en les exposant aux discours de personnes qui présentent d’autres expériences de course et d’autres parcours de vie.
Certaines de ces personnes sont très connues, d’autres moins. Elles viennent toutes d’horizons différents. Elles ont toutefois au moins un point commun. Elles ont toutes eu du succès, obtenu des résultats remarquables ou réalisé des exploits et peuvent témoigner que rien de cela n’aurait été possible sans effort, sans persévérance, sans détermination. Et plus important encore, ces personnes leur racontent qu’avant de connaître le succès, elles ont aussi subi des échecs et des déceptions; qu’elles ont souvent pensé à tout abandonner, à tout laisser tomber. Mais qu’elles ont su maintenir le cap sur leur objectif pendant les moments durs et qu’au bout du compte, leur détermination a porté fruit.
Depuis la création d’EDLC il y a quatre ans, plusieurs conférenciers ont généreusement accepté notre invitation à rencontrer les jeunes. Sur la liste, on retrouve, entre autres, les noms de Pierre Lavoie, de Matthieu Proulx, de Francis Bouillon et de Marie-Michelle Faber et Maxime Sabourin, deux artistes du Cirque du Soleil. Par leurs récits, ils ont tous démontré qu’en absence de persévérance, il est impossible de devenir champion du monde Ironman, de jouer pour les Alouettes ou le Canadien, ou de faire des tournées mondiales avec le Cirque. Ils ont montré qu’au-delà du côté «glamour», il y a le travail, l’entraînement, les privations, des réalités qu’il faut apprendre à accepter pour cheminer et espérer atteindre ses objectifs.
Dernièrement, nous avons eu la chance d’accueillir l’ultramarathonien Sylvain Bernier. Après avoir couru 70 minutes avec le groupe (des peanuts pour lui), Sylvain a présenté un bref aperçu de ses différentes expériences d’ultramarathon, de ses records (par exemple, 304 km en 48 h chez les 40-44 ans), de ses participations aux championnats du monde des 24 h et des 48 h et de son aventure aux Six jours d’Antibes dans le sud de la France. Les chiffres donnent le vertige, mais aussi de son abandon au championnat du monde à Bergamo en Italie et de sa longue période de convalescence pour soigner une hernie discale. Les six mois sans course ont été une longue traversée du désert pour Sylvain. Mais il a suivi à la lettre les conseils de ses médecins, a repris l’entraînement, a perdu 30 livres et a recommencé à accumuler un kilométrage impressionnant. Son plus récent objectif? Une participation à la Trans-Gaule : course individuelle 1190 km en 19 jours, de la Bretagne à la Méditerranée, soit une moyenne journalière de 63 km. Pour y arriver, un entraînement rigoureux, des kilométrages inimaginables pour le simple marathonien, mais surtout un moral d’acier et une détermination impressionnante.
Difficile de dire dans quelle mesure le discours de Sylvain a rejoint le cerveau de nos jeunes coureurs. Une chose est certaine, il a su capter leur attention pour un moment et leur a fait brièvement découvrir le monde des ultras. Et s’ils repensent à lui pendant les moments difficiles qu’ils devront traverser au marathon et s’en inspirent pour persévérer et garder le moral, alors les mots de motivation de Sylvain auront eu l’effet escompté.


