Par Janick Martin, mentor pour une 2e année avec EDLC
La course de Lasalle est non seulement le premier 10 km officiel de notre entrainement, c’est aussi l’événement qui marque la moitié du programme Étudiants dans la course (EDLC). Il y en a eu du chemin parcouru! Alors que six mois plus tôt, on alternait 3 minutes de course à 1 minute de marche, ces jeunes allaient maintenant courir 10 km. C’était déjà une très belle victoire mais cette course n’est qu’une étape dans un long processus de préparation au marathon.
C’est donc avec beaucoup de fébrilité que j’ai accompagné mon jeune à la ligne de départ ce dernier dimanche de mars. Il avait hâte de se mesurer, de mettre un chiffre sur son entrainement. On s’est fait une stratégie de course assez simple : on part lentement et au fur et à mesure que les kilomètres avancent, on accélère peu à peu pour terminer le 2e 5km plus rapide que le premier. On a aussi parlé de compléter la course en moins de 55 minutes. Il y avait une frénésie palpable au départ. Il faisait beau et les jeunes étaient surexcités. C’était enfin la récompense des longues semaines d’entrainement. Mon jeune est compétitif et comme plusieurs d’entre nous, a beaucoup de difficulté à ne pas tout donner dès le coup de départ. Notre stratégie a donc été de courte durée! Et c’est correct, c’est aussi ça apprendre à courir de longues distances.
Nous avons quand même débuté à un bon rythme. Mais plus les kilomètres avançaient, plus les membres de notre groupe se dispersaient et mon jeune avait de la difficulté à accepter de prendre du retard sur ses coéquipiers. Il a donc inévitablement augmenté le rythme jouant entre 4 minutes 45 du kilomètre à 5 minutes 15… J’ai décidé de le laisser expérimenter. Je validais avec lui si la vitesse était correcte pour lui, s’il était conscient qu’il nous restait toujours 5-6 kilomètres à effectuer. Tout était au beau fixe…. Jusqu’au moment où ce fut trop. Au 6e kilomètre, nous avons ralenti et avons dû reprendre notre souffle. La course était tout d’un coup plus difficile, moins amusante. On ne riait plus, on serrait les dents pour continuer à avancer. Un pas à la fois, nous avons franchi les kilomètres. Rendu au 8e kilomètre, le moral est revenu et l’énergie aussi. Il a de nouveau mis la pédale sur l’accélérateur. Il voyait la fin et retrouvait par le fait même sa fougue. Ça nous est tous déjà arrivé. Cette montée d’adrénaline qui nous propulse directement à la ligne d’arrivée; ce coup de grâce qui nous permet de finir la course la tête haute. Il a donc complété la fin du parcours à toute vitesse. Je m’inquiétais de la manière dont il franchirait la ligne : qu’il en donne trop et qu’il soit malade ou encore, qu’il se blesse. Il m’a assuré que tout allait bien. Je l’ai laissé prendre la vitesse qu’il voulait. Une distance s’est rapidement installée entre lui et moi. Il a terminé sa course, le sourire aux lèvres et l’énergie dans les talons en moins de 52 minutes. J’ai suivi pas longtemps après.
De nouveau réunis à la ligne d’arrivée, je l’ai félicité pour sa course car il avait eu le courage de passer par-dessus le mal. Et il me dit : «Dans le fond, j’aurais pu courir à 5 minutes 20 du kilomètre pendant 10 kilomètres et j’aurais fait le même temps?!? Me semble que j’aurais trouvé ça pas mal moins difficile». Voici, résumé en 2 phrases par mon jeune, pourquoi je m’implique dans EDLC. Il n’y a pas de doute que si ces jeunes continuent à mettre en pratique ces apprentissages et à se présenter aux entrainements, ils seront tous des marathoniens dans 6 mois.

