Dans la course avec EDLC - Février 2012

Je m’amuse souvent des réactions des gens lorsqu’ils apprennent que, comme bon nombre de coureurs, je poursuis mon entraînement à l’extérieur même en hiver. Même s’ils vivent pour la plupart à Montréal et au Québec depuis des années, voire depuis toujours, et que les «joies» de l’hiver n’ont plus de secret pour eux, mes interlocuteurs ont peine à concevoir qu’il est possible de mettre dans une même phrase les termes «neige», «froid» et «course à pied».

Les jeunes du projet EDLC ne font pas exception. Au départ, l’incrédulité se lit sur leurs visages lorsque nous leur confirmons que nous courons bel et bien à l’extérieur beau temps mauvais temps, y compris dans le froid et la neige. L’idée fait toutefois son chemin quand ils se rendent compte que ce n’est pas une plaisanterie et que l’entraînement hivernal fait partie du programme. Heureusement, tous les jeunes reçoivent un sérieux coup de pouce pour faire face aux caprices de l’hiver. Grâce à la généreuse commandite de la Boutique Courir, chaque jeune a tout le nécessaire pour courir à Montréal, quelle que soit la saison. Un bon équipement, ça aide à rassurer les moins téméraires!

Le hasard faisant bien les choses, les équipements ont été distribués le matin même du premier défi officiel de la saison 2011-2012: une course de 5 km organisée par le club Les Vainqueurs. Après le congé des fêtes, c’était enfin le retour aux choses sérieuses. En direction de la ligne de départ dans le Jardin botanique, jeunes et mentors discutent de leurs objectifs. Certains visent un temps précis, d’autres veulent bien gérer leur course alors que d’autres, notamment des mentors, ont espoir de brûler en partie l’excès de calories consommées aux différents partys de Noël. De mon côté, l’objectif principal est de jouer le rôle de mentor suppléant et de courir avec un jeune dont la mentor est malheureusement absente.

Vers 9 h 30, Jean-Yves Cloutier donne le coup de départ. Nous nous élançons dans la petite boucle du Jardin botanique. Les mentors ont reçu comme consigne de laisser les jeunes courir à leur propre rythme. Ce premier 5 km est une course d’apprentissage. Les jeunes doivent essayer de trouver le rythme qui leur permettra de franchir la distance de façon satisfaisante. Les gazelles prennent les devants. Certains tiendront cette allure jusqu’à la fin. D’autres apprendront à leurs dépens qu’il peut être très désagréable de partir trop vite. Une difficile mais nécessaire leçon d’humilité dans certains cas.

Une fois la petite boucle terminée, nous nous attaquons à la grande boucle. Le jeune que j’accompagne gère très bien sa course. Après avoir réalisé qu’il ne pouvait pas suivre son ami qui a rapidement creusé l’écart, il a intelligemment pris son rythme de croisière. Avec 1 500 m à faire, il a les ressources suffisantes pour accélérer légèrement. Il est même en mesure de sortir ses jambes de sprinter avec 200 m à faire et franchit la ligne sous les applaudissements. Son sourire en dit long sur sa satisfaction. Un sourire équivalent se dessine sur le visage de chaque participant à l’arrivée. Le premier défi est relevé avec succès: 5 km parcourus sur une route recouverte d’une neige durcie, à une température de -7 oC. Même les plus réticents doivent admettre qu’ils ont aimé courir dans ces conditions. Tous ont déjà hâte à la prochaine course: le 5 km du Défi hivernal de l’île Bizard.

Quelques jours après la course, Montréal a reçu sa première chute de neige importante de l’hiver. L’entraînement du jeudi a donc eu lieu en pleine tempête de neige. Certains jeunes n’en revenaient pas de notre décision de courir dans de telles conditions. Mais une fois à l’extérieur, ils se sont fait prendre au jeu. Le temps a passé plus vite qu’à l’habitude. De retour au CPC, tout blancs de neige, tous étaient ravis d’avoir vécu cette expérience peu commune.

Le soir même, une participant a résumé le sentiment général sur la page Facebook d’EDLC: «omgggg c’était vrm coool de couriiirrrrrrr dehorsss dans la neigee !!!!! :D ».

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