À l’automne 2009, c’est en parcourant le site de Courir.org que j’ai découvert l’existence d’EDLC. Un court texte qui se terminait par cette invitation: «Le projet Étudiants dans la course est à la recherche de coureurs qui seraient intéressés à devenir mentors ou partenaires de course». Sans trop hésiter, j’ai fait un appel qui allait profondément transformer ma vie. Depuis ce fameux coup de téléphone, j’ai accompagné deux jeunes à titre de mentor et j’ai été invité à me joindre à l’équipe formidable du comité organisateur d’EDLC. Dans ces différents rôles, j’ai vécu des expériences humaines très intenses et fait des découvertes extraordinaires.
Plusieurs d’entre vous avez sûrement déjà entendu parler d’EDLC. En septembre dernier, vous avez peut-être vu le reportage sur Keven au Téléjournal de Radio-Canada ou entendu l’entrevue de Pascal à l’émission Culture physique. EDLC est de plus en plus connu dans le grand public et plus particulièrement au sein de la collectivité des coureurs. Vous avez peut-être déjà croisé notre groupe à l’entraînement au parc Maisonneuve ou au Jardin botanique à Montréal ou vu nos beaux chandails rouges dans les différentes courses auxquelles nous participons en cours d’année. Vous êtes nombreux à encourager nos jeunes et à poser des questions sur EDLC. Notre projet suscite beaucoup d’intérêt, et nous en sommes très fiers.
Dans ce contexte, au début de la troisième édition d’EDLC, je vous invite, vous aussi, à faire des découvertes extraordinaires en suivant de mois en mois l’évolution d’un groupe de jeunes qui ont accepté de relever l’impressionnant défi de courir un marathon. Le 30 octobre dernier, la nouvelle cohorte a entrepris le programme d’entraînement. Au total, 35 jeunes provenant des quartiers Hochelaga-Maisonneuve, Côte-des-Neiges et Montréal-Nord ou des Centres jeunesses de Montréal se sont lancés dans l’aventure. Les raisons de leur sélection varient beaucoup. Pour certains, EDLC sera un outil de plus pour encourager leur persévérance scolaire. Pour d’autres, le programme favorisera une meilleure intégration sociale. Certains ont eu des cheminements tortueux. Certains éprouvent des difficultés à l’école. Mais ce n’est pas le cas de tous. Il n’y a pas de portrait type du participant d’EDLC. Mais quels que soient leurs antécédents, tous les jeunes qui se rendront à la ligne d’arrivée du marathon apprendront qu’il est possible de faire de grandes choses en faisant preuve de discipline, de détermination et de persévérance. Au-delà de l’exploit sportif, nous espérons qu’ils tireront de leur expérience des leçons qui leur serviront toute leur vie.
Au moment où j’écris ces lignes, les jeunes en sont déjà à leur quatrième semaine d’entraînement. Ils courent maintenant 25 minutes. Pour certains, l’entraînement est une balade au parc. D’autres sont moins en forme et travaillent très fort. Actuellement, le jumelage jeune-mentor n’a pas encore eu lieu. Les premières semaines, jeunes et adultes courent ensemble, apprennent à se connaître et commencent à tisser des liens. Pendant ce temps, les membres du comité Mentorat assistent aux entraînements et font des observations dans le but de faire les meilleurs jumelages possibles, en tenant compte des affinités et des rythmes de course. Ce processus est en cours, et le jumelage officiel sera annoncé vers la mi-décembre, à l’occasion d’un brunch après l’entraînement du dimanche matin. Jeunes et moins jeunes ont très hâte. Le jumelage jeune-mentor est un élément clé de l’expérience d’EDLC.
C’est donc avec beaucoup de plaisir que j’entrevois mon rôle de chroniqueur d’EDLC cette année. J’aimerais profiter de l’occasion pour remercier Nathalie Collin et Courir.org pour leur appui à EDLC. C’est une grande chance pour EDLC pour pouvoir profiter de cette tribune exceptionnelle. J’espère que ces chroniques mensuelles vous permettront d’en apprendre davantage sur EDLC et d’être en quelque sorte témoin du cheminement de ces jeunes en vue de leur participation à la prochaine édition du Marathon Oasis de Montréal.
Éric Leclerc
