bannerfrontpage5Je n’essaierai pas d’être un parent, un modèle, un héros ou quelqu’un que tu tiens en haute estime. Je ne prétendrai pas avoir réponse à quoi que soit, à part peut-être quelques questions sur ton entraînement.

Je ne te jugerai pas, et je ne te demanderai pas d’où tu viens. Je ne vais m’occuper que de ce que tu es à ce moment précis, c’est-à-dire un coureur. Avec des forces et des faiblesses, des talents et des défauts, des espoirs et des craintes. Exactement comme moi.

bannerfrontpage2Je ne t’offre pas grand-chose, je sais. C’est toi qui vas faire tous les efforts. Qui vas te présenter aux entraînements, la semaine. Qui vas te lever les dimanches matins pendant que tout le monde dort. Qui vas surveiller un peu ce tu manges, peut-être même essayer de te coucher plus tôt pour être en forme avant une course. Qui vas m’appeler de temps en temps pour me dire comment ça se passe, si ton entraînement se déroule bien.

Je sais, je ne fais pas grand-chose. Tout ce que je fais, c’est courir à tes côtés. Foulée après foulée. Sous le soleil ou la pluie, à me geler les pieds les mois d’hiver et à me suer le corps dans la canicule. À te donner des conseils qui vont t’aider et te tomber sur les nerfs, pas toujours dans cet ordre. À t’encourager ou à te botter le derrière un peu, selon ce qu’il faudra.

Lac Brome 2013 2On va se tenir côte-à-côte sur les lignes de départ, anxieux, et réviser nerveusement notre stratégie. On va croiser quelques fils d’arrivée, aussi, exténués et exaltés d’avoir réussi. Et si ça foire et qu’on frappe le mur, on va peut-être même abandonner ensemble. Mais si ça arrive, on va revenir. Ensemble.

Ça a l’air d’être tout un défi, non? Te fais pas d’illusions, ça l’est. Mais si tu veux bien essayer, si tu y mets du tien et si tu persévères, tu ne le regretteras pas. Tu vas te réveiller très tôt, un dimanche matin de septembre, après une nuit probablement agitée; tu vas ramasser ton sac à dos et venir nous retrouver, moi et tous les autres au complexe sportif. On va se rendre au pont, joindre les rangs de milliers d’athlètes et attendre le signal d’un pistolet de départ pour lequel on aura passé un an à se préparer.

bannerfrontpageEt environ quatre ou cinq heures plus tard, tu ne seras plus jamais le même.

Et ça, je te le promets.